FLEURS ET MÉTHODES D’EXTRACTION
Dans le haut de cette vitrine sont exposées des plantes à parfum.
Dans la région grassoise, on cultive depuis des siècles la rose de mai, le jasmin, la fleur d’oranger, la violette ou encore le mimosa. Les autres plantes parfumées sont importées de différentes parties du monde comme le vétiver, l’ylang-ylang ou encore l’iris.
Suivant la nature de la plante, une technique d’extraction spécifique est utilisée afin d’en extraire son essence.
Les deux méthodes les plus connues sont ici exposées : la distillation et l’enfleurage à froid.
La distillation est représentée par l’alambic en cuivre sur votre gauche dans la vitrine.
Inventée par les savants du monde arabe dès le Moyen Âge, ce procédé devient le pilier de la parfumerie moderne. Cette technique reprend le même principe de fabrication que l’eau de vie et repose sur la capacité de la vapeur d’eau à capter les huiles essentielles. On dispose fleurs ou végétaux sur un plateau perforé, situé dans la partie supérieure de la cuve de l’alambic rempli d’une eau portée à ébullition. La vapeur dégagée s’imprègne au passage du parfum des plantes qu’elle emporte dans un serpentin. Ce tube spécial intègre un système de réfrigération pour permettre la condensation de cette vapeur. Plus légère que l’eau, l’huile est récupérée dans la partie haute de l’essencier, tandis que les eaux parfumées, appelées également eaux florales, sont mises de côté.
Le deuxième procédé est l’enfleurage à froid est lui représenté par le châssis en verre à votre droite.
Ce procédé est réservé aux fleurs dites fragiles dont le parfum s’altère à la chaleur, comme le jasmin, la tubéreuse ou encore la jonquille.
Très répandue dans la région grassoise dès le XVIIIème siècle et jusqu’à la fin des années 1950, il consiste à étaler une couche de graisse inodore sur les parois d’un châssis en verre que l’on recouvre ensuite de fleurs fraîchement cueillies renouvelées quotidiennement jusqu’à saturation de la graisse.
Une fois chargée en odeurs, cette « pommade » est récoltée, puis traitée pour en extraire l’absolue destiné à la parfumerie.
Remplacée majoritairement vers 1950 par des techniques modernes telles que l’extraction par solvants volatils ou l’extraction au gaz carbonique supercritique, elle revient aujourd’hui pour ses qualités indéniables préservant les fleurs et en particulier la tubéreuse et le jasmin.
Une fois les essences obtenues, eIles vont être associées pour créer un parfum.
Il faut savoir que créer un parfum est tout un art et l’artiste qui le crée est communément appelé un « Nez ».
Le parfum se construit selon ce qu’on appelle une pyramide olfactive avec d’abord les notes de tête qui correspondent aux premières intentions du parfumeur et sont légères et volatiles, puis les notes de cœurs qui sont le centre et l’identité du parfum, souvent des accords floraux, et enfin les notes de fond qui sont les plus persistantes. Le vocabulaire du parfum peut parfois s’avérer complexe mais il a beaucoup emprunté au vocabulaire musical : les « notes » et « accords » font parties du jargon du parfumeur. D’ailleurs l’outil de travail du créateur s’appelle « l’orgue à parfum ».
En moyenne, un parfumeur travaille avec 200 à 300 matières premières mais peut en avoir 1200 en complément. Un bon nez peut mémoriser plusieurs centaines d’odeurs primaires afin de pouvoir imaginer des assemblages adaptés à une clientèle aux exigences et à la culture précise tout en étant aidé par l’ordinateur et des logiciels spécialisés.
Lorsque la formule du parfum est validée, les assemblages sont faits sur les lieux de production.
Pour la Maison Fragonard, la production est réalisée à Grasse à l’usine historique et à l’Usine des Fleurs. C’est notamment dans ces usines que nos célèbres estagnons sont conditionnés. Ils sont en aluminium donc incassables et protègent le parfum de la lumière, ce qui permet de le conserver plus longtemps (plus de 6 ans). N’hésitez pas à les découvrir à la fin de la visite.
Passons maintenant à seconde partie de notre espace d’exposition qui débute à droite des escaliers.
Je vous invite à vous approcher de la vitrine exposant le tableau afin d’y scanner le prochain QR code.

