FLACONS ET POMME D’AMBRE : LE PARFUM COMME PROTECTION

Au Moyen Âge, les rôles sacrées et thérapeutiques perdurent. Les curés cultivaient des aromates dans leur jardin et soignent avec leurs huiles essentielles, lors des épidémies comme celle de la Grande Peste Noire de 1347.
Pour se protéger, de nouveaux accessoires apparaissent : « les Pommes d’Ambre ».

La Maison Fragonard possède une des collections les plus riches et plus complètes de pomanders et de « boites à senteurs ». La différence entre les deux appellations est la substance odorante qu’ils contenaient : de l’ambre gris pour les Pomanders et divers matières parfumées pour les boites à senteurs.
Ces petits objets, souvent divisé en quartiers, conservaient des parfums secs ou des petites éponges parfumées aux senteurs diverses. Plutôt destinés à une élite sociale, car travaillés comme de véritables bijoux., ils étaient portés à la ceinture, en pendentif ou tenus à la main.

Les Pomanders n° 6 et 7 en sont de magnifiques exemples : en forme de poire, ils étaient destinés à être portés à la ceinture ou en sautoir grâce à la chainette qui les accompagne. Ils s’ouvrent à plusieurs endroits : au niveau du fond pour abriter une éponge parfumée et au niveau des petits glands pour accueillir d’autres senteurs solides comme l’ambre gris ou le musc. Bien plus qu’un ornement, ils faisaient office de rempart olfactif. En effet, selon les théories de l’époque, les maladies se propageaient par les miasmes, c’est-à-dire les odeurs fortes, et respirer les effluves s’échappant du Pomander protégeait son propriétaire.

C’est vers 1370 que les premiers parfums à base d’alcool apparaissent. On les appelle les eaux parfumées.
A cette période, on assite également au développement d’une certaine hantise vis-à-vis des bains car on véhicule l’idée que l’eau est un facteur de contagion. De facto, on se lave de moins en moins, et ce sont les premières eaux parfumées qui tiendront lieu d’hygiène pour cacher la saleté et vaincre la mauvaise odeur.

C’est la reine Elisabeth de Hongrie qui inspire le premier nom de ces eaux : l’eau de Hongrie.
Sa composition était faite d’extrait de romarin, de lavande, d’eau de rose et de fleur d’oranger. Selon la légende, l’ermite qui composa cette fragrance et la présenta à la reine aurait assuré qu’elle lui conserverait sa beauté intacte jusqu’à sa mort. Il semble que le charme ait fonctionné, puisque, à l’âge de 70 ans, Elisabeth de Hongrie recouvra alors sa santé, sa forme et la beauté de ses vingt ans et épousa le roi de Pologne. Le premier parfum de l’histoire occidentale est né.

Approchez-vous pour admirer les flacons n° 1 et 2, témoignages jusqu’au XVIIème siècle, de cette période. Ces « flacons à odeurs » du XVIIème siècle, de l’atelier Bernard Perrot à Orléans sont en verre soufflé et moulé. Ils présentent ,sur une face, trois fleurs de lys surmontées de la couronne royale et, sur l’autre, trois cœurs. Cette iconographie constitue une possible allusion à la devise des armoiries d’Orléans « C’est par ce cœur que fleurissent les lys. »

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